Peptides de collagène et activité physique : conclusions d’une revue systématique portant sur 15 essais cliniques concernant la santé articulaire et la récupération
Le collagène représente environ un tiers des protéines totales du corps humain et constitue le principal composant structurel des tendons, des ligaments, du cartilage et de la matrice extracellulaire qui assure la cohésion du tissu conjonctif. Une revue systématique publiée en 2021 dans la revue *Amino Acids* a rassemblé 15 essais contrôlés randomisés, sélectionnés parmi 856 articles identifiés, afin d’évaluer les effets réels d’une supplémentation en peptides de collagène associée à la pratique d’une activité physique, notamment sur la santé articulaire, la composition corporelle et la récupération musculaire.
Pourquoi associer spécifiquement le collagène à l’exercice physique ?
La sollicitation mécanique du tissu tendineux pendant l’exercice déclenche une cascade de signaux qui augmente la production de protéines de la matrice et entraîne une adaptation subséquente du tendon — c’est l’hypothèse de la « mécano-transduction ». La synthèse du collagène est également stimulée par la prise concomitante de vitamine C, qui joue un rôle direct dans l’hydroxylation de la proline et de la lysine, toutes deux essentielles à la formation de la structure en triple hélice du collagène et à la création de liaisons croisées. Le postulat de cette revue est que les peptides de collagène pourraient être plus efficaces non pas en tant que complément pris isolément, mais spécifiquement en association avec le stimulus mécanique de l’exercice physique.
Conclusions des 15 essais
Douleurs articulaires et récupération après une blessure
Dans l’ensemble des études évaluant les douleurs articulaires et la récupération après une blessure, la supplémentation en peptides de collagène (à des doses de 5 à 40 g/jour) a systématiquement été associée à une réduction de l’inconfort articulaire et à une amélioration de la fonction articulaire. Chez les sportifs souffrant de gênes articulaires, une dose de 40 mg/jour de collagène de type II non dénaturé a significativement réduit la douleur pendant l’activité physique. Chez les patients présentant des symptômes au niveau du tendon d’Achille, une dose de 5 g/jour de peptides de collagène, associée à un programme de 6 mois de renforcement excentrique des mollets, a amélioré la fonction perçue de la cheville et réduit la douleur par rapport au placebo.
Composition corporelle et force musculaire
Chez des hommes âgés sarcopéniques suivant un programme d’entraînement en résistance de 12 semaines, l’apport de 15 g/jour de peptides de collagène a augmenté la masse maigre et la force isocinétique des quadriceps de manière significativement plus importante que l’entraînement en résistance associé à un placebo. Des améliorations similaires de la masse maigre, de la force musculaire et de la force de préhension ont été observées chez de jeunes hommes pratiquant une activité physique de loisir et chez des femmes post-ménopausées dans d’autres essais inclus dans cette revue, généralement à la même dose de 15 g/jour associée à 12 semaines d’entraînement de résistance structuré.
Douleurs musculaires et récupération après l’effort
Les résultats étaient ici plus mitigés. Un essai a montré qu’une dose de 3 g/jour d’un complément de collagène réduisait le déclin de la fonction musculaire et diminuait le taux de lactate déshydrogénase (un marqueur de lésions musculaires) après un effort intense. Un autre essai, utilisant une dose beaucoup plus élevée de 20 g/jour après 150 sauts en hauteur, a constaté une réduction des courbatures à 48 heures avec un effet de taille modérée, mais la réduction de l’inflammation et des marqueurs de lésions musculaires n’a pas atteint le seuil de signification statistique (p = 0,09) — un signe réel mais pas tout à fait concluant.
La synthèse de collagène et la synthèse des protéines musculaires sont deux choses différentes
Cette revue établit une distinction importante : les taux de synthèse du collagène ont été mesurablement élevés avec 15 g/jour de peptides de collagène, mais le collagène n’a pas augmenté de manière significative la synthèse des protéines musculaires (MPS) par rapport à des sources de protéines isonitrogéniques de meilleure qualité. En d’autres termes, les peptides de collagène sont efficaces pour synthétiser spécifiquement du collagène — ils ne sont pas destinés à remplacer une source de protéines complètes pour la construction du tissu musculaire proprement dite.
Conclusion
Sur l'ensemble des 15 essais contrôlés, la conclusion la plus claire et la plus cohérente de cette revue est que la supplémentation en peptides de collagène est véritablement bénéfique pour améliorer la fonctionnalité articulaire et réduire les douleurs articulaires, généralement à des doses comprises entre 5 et 40 g/jour selon les essais. Des améliorations de la composition corporelle, de la force et de la récupération musculaire ont été observées, mais elles étaient moins systématiques, et les mécanismes exacts ne sont pas encore entièrement élucidés — les auteurs de cette revue appellent spécifiquement à la réalisation d’essais à plus grande échelle, portant sur des populations d’athlètes de haut niveau, avec davantage de participantes féminines et des mesures de résultats plus précises (telles que des biopsies musculaires et l’imagerie) afin d’affiner davantage ces résultats.
Références
[1] Khatri, M. ; Naughton, R.J. ; Clifford, T. ; Harper, L.D. ; Corr, L. « Les effets de la supplémentation en peptides de collagène sur la composition corporelle, la synthèse du collagène et la récupération après une blessure articulaire et l’effort physique : une revue systématique. » Amino Acids 2021, 53, 1493–1506. https://doi.org/10.1007/s00726-021-03072-x (accès libre)










