L-arginine et performances sportives : ce qu'une méta-analyse portant sur 11 essais a révélé concernant la VO₂ max
La L-arginine est un acide aminé semi-essentiel surtout connu pour être le précurseur de l’oxyde nitrique dans l’organisme — la molécule responsable de la vasodilatation, de l’augmentation du flux sanguin vers les muscles et de la libération de l’hormone de croissance. Ce mécanisme en a fait l’un des acides aminés les plus étudiés en matière de performances sportives, bien que les résultats des essais cliniques aient historiquement été mitigés. Une revue systématique et une méta-analyse publiées en 2021 dans *Physiological Reports* ont regroupé 11 essais cliniques randomisés visant spécifiquement à tester son effet sur la VO₂ max — la consommation maximale d'oxygène, l'un des marqueurs les plus reconnus de la capacité cardiovasculaire.
Pourquoi l’arginine était-elle un candidat plausible ?
L’arginine est le précurseur direct de l’oxyde nitrique, qui dilate les vaisseaux sanguins et augmente le flux sanguin vers les muscles sollicités. On rapporte souvent qu’elle améliore les performances sportives en retardant la fatigue grâce à une modification de la concentration de lactate sanguin et des indices métaboliques de la respiration ; certaines études ont également montré qu’elle réduit significativement la pression artérielle et augmente la VO₂ max. Mais les résultats des différents essais se sont révélés véritablement contradictoires — certains mettant en évidence de réels bénéfices, d’autres n’en constatant aucun — ce que cette méta-analyse s’est précisément attachée à résoudre.
Conclusions de la méta-analyse
Un effet global modeste mais réel
Sur l’ensemble des 11 essais, la supplémentation en arginine a entraîné une augmentation marginale mais statistiquement significative de la VO₂ max (différence moyenne pondérée de 0,07 L/min, IC à 95 % : 0,00–0,13, p = 0,047) — une ampleur d’effet modeste, mais bien réelle, sans hétérogénéité significative entre les études regroupées.
La forme de l’arginine avait son importance
Une analyse par sous-groupes a révélé que l’arginine prise seule (sous forme de L-arginine spécifiquement, et non associée à d’autres métabolites ou antioxydants) produisait un effet significativement plus important (DMW 0,11 L/min) que l’arginine associée à d’autres compléments (DMT −0,06 L/min, non significative) ou d’autres formes telles que l’aspartate d’arginine ou l’alpha-cétoglutarate d’arginine (DMT 0,01 L/min, non significative). L'association de l'arginine à d'autres composés n'a pas renforcé l'effet — au contraire, elle l'a atténué dans cette analyse.
Les essais de courte durée ont montré des effets plus importants
Les essais d’une durée de 14 jours ou moins ont montré un effet numériquement plus important (DMP de 0,11) que les essais d’une durée supérieure à 14 jours (DMP de 0,05), bien que cette différence liée à la durée ne soit pas en soi statistiquement significative. Les posologies supérieures ou inférieures à 5 g/jour n’ont pas montré de tendance claire en termes de différence.
Résultats individuels des essais à l’origine des chiffres globaux
Certains des résultats individuels les plus marquants proviennent de l’étude de Hosseini et al. (2015), dans laquelle un apport de 4 g/jour de L-arginine pendant 4 semaines a augmenté de manière significative la VO₂ max chez des joueurs de futsal, et de celle de Moazami et al. (2015), où une dose de 21 g/jour pendant 7 jours a augmenté la VO₂ max chez des handballeuses. À l’inverse, Burtscher et al. (2005) ont constaté qu’une dose de 3 g/jour de L-arginine-L-aspartate entraînait une diminution de la consommation d’oxygène lors d’un effort cycliste sous-maximal — ce qui rappelle que la forme combinée et l’acide aminé sous forme libre ne se comportent pas de manière identique.
Conclusion
Cette méta-analyse — la première à évaluer spécifiquement l’effet de l’arginine sur la VO₂ max — a mis en évidence une amélioration réelle, bien que modeste, avec la supplémentation en L-arginine seule, et a notamment souligné que la forme d’acide aminé libre surpassait les formulations combinées ou alternatives d’arginine dans les données regroupées. Les auteurs reconnaissent ouvertement que l’ampleur de l’effet est faible et que des essais supplémentaires, plus homogènes, sont nécessaires pour cerner avec certitude le mécanisme sous-jacent.
Références
[1] Rezaei, S. ; Gholamalizadeh, M. ; Tabrizi, R. ; Nowrouzi-Sohrabi, P. ; Rastgoo, S. ; Doaei, S. « L’effet d’une supplémentation en L-arginine sur la consommation maximale d’oxygène : revue systématique et méta-analyse. » Physiol. Rep. 2021, 9, e14739. https://doi.org/10.14814/phy2.14739 (accès libre)










